02 mai 2019

Des pressions croissantes sur les entreprises

Les entreprises, quelle que soit leur taille, ne peuvent plus échapper à la contrainte du développement durable. La pression s’exerce sur les entreprises elles-mêmes mais aussi sur leurs chaînes d’approvisionnement, sur le territoire national comme à l’étranger.

La prise de conscience du retard dans la lutte contre le changement climatique conduit à un durcissement des normes environnementales, notamment en matière de réduction des émissions de CO2. Les pays de l’Union européenne réfléchissent à la neutralité carbone à l’horizon 2050, après avoir fixé l’objectif d’une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici 2030 par rapport au niveau de 1990.

Cette pression s’exerce sur les entreprises, comme le montrent les exemples de l’énergie (réduction du poids des combustibles fossiles au profit des énergies renouvelables, efficacité énergétique, etc.) et de l’industrie automobile (réduction drastique des émissions des véhicules, développement des véhicules électriques, etc.). L’impact ne se limite pas aux grands acteurs : la chaîne d’approvisionnement (Supply Chain) est concernée.

Les demandes des consommateurs

Le changement climatique n’est pas la seule contrainte. Les consommateurs sont devenus une formidable source de pression. Ils demandent des produits « durables » et bons pour eux, en particulier dans l’alimentaire où ils souhaitent de plus en plus de produits frais, sains, respectueux de l’environnement, sans produits toxiques (résidus de pesticides) et dont l’origine est « traçable ». L’industrie alimentaire et plus généralement la distribution revoient donc leurs offres. Le bio connaît notamment un réel engouement : Casino a enregistré pour cette catégorie une croissance des ventes de 16,3% en 2018.

Mais le respect des normes sociales est aussi à l’ordre du jour. Le travail forcé, celui des enfants, etc. sont désormais pris en compte. L’effondrement, en avril 2013, d’un immeuble abritant plusieurs ateliers de confection textile à Dacca (Bangladesh) a mondialement marqué les esprits en raison du lourd bilan (plus de 1 100 tués) et obligé les grandes structures à revoir le fonctionnement de leurs Supply Chains.

Et le développement durable n’est plus seulement l’apanage des pays dits « riches ». Selon une enquête Nielsen réalisée en 2015 au niveau mondial, 66% des consommateurs sont disposés à payer davantage pour un produit « durable ». Ce ratio grimpe à 73% pour les Millennials (personnes nées entre 1997 et 1995 selon l’étude). Une véritable mutation des comportements est donc en marche.

 

 

Les investisseurs s’engagent à leur tour

Les investisseurs intègrent de plus en plus le respect des critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG) dans leurs décisions et stratégies d’investissement. Ce phénomène est en train de prendre une dimension nouvelle.

Ainsi, 80 investisseurs mondiaux, représentant un total de 6 500 milliards de dollars d’actifs gérés, viennent d’interpeller les six grands acteurs de la restauration rapide pour leur demander d’améliorer la durabilité de leurs filières d’approvisionnement en viande et produits laitiers et de mettre en place des politiques rigoureuses vis-à-vis de leurs fournisseurs, comportant notamment l’engagement sur des objectifs chiffrés. Et ces investisseurs leur demandent d’agir rapidement.

Mais cette exigence des investisseurs ne concerne pas uniquement les multinationales. Les start-ups, les PME et les ETI doivent en tenir compte, notamment lorsqu’il s’agit de levées de fonds ou d’ouvertures du capital.

La contrainte réglementaire

Ces pressions accrues se traduisent par l’apparition d’une réglementation de plus en plus exigeante. En France, les obligations de reporting extra-financier se sont accrues au cours des dernières années. Des régulations spécifiques portant sur la transition énergétique (article 173 de la loi nº 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte), la corruption (loi Sapin II) ou le devoir de vigilance (loi n° 2017-399 du 27 mars 2017) ont été adoptées.

Le devoir de vigilance est une obligation qui incombe aux entreprises donneuses d’ordre de prévenir les risques sociaux, environnementaux et de gouvernance liés à leurs opérations mais qui peut aussi s'étendre aux activités de leurs filiales et de leurs partenaires commerciaux (sous-traitants et fournisseurs). La contrainte ne s’exerce pas uniquement sur les donneurs d’ordres, elle affecte aussi les fournisseurs.

Résultat, les PME sont de plus en plus concernées : la loi Sapin I a fixé à 500 salariés le seuil pour la mise en place d’un dispositif d’alerte. Dans le cadre de la loi Sapin II, ce critère est de 50 salariés pour la mise en place d'un recueil des signalements.

L’attractivité est en jeu

Le respect des critères ESG tend désormais à devenir un critère d’attractivité et de notoriété d’une société au même titre que la marque, la réputation, la solidité financière, les conditions de travail, les niveaux de rémunérations proposées, les possibilités de carrière, etc.

L’effet est désormais bien réel auprès des jeunes diplômés. Dans les secteurs « en tension », comme les technologies de l’information et de la communication (TIC) par exemple, les entreprises responsables attirent les talents. C’est un élément qui complique davantage encore le recrutement des talents dans les PME et même dans les start-ups.

En définitive, le développement d’une économie bas carbone et respectueuse envers la société est devenu incontournable. C’est une tendance de fond qui affecte bien sûr les grandes entreprises mais également leur Supply Chain, c’est-à-dire in fine l’ensemble des entreprises, indépendamment de leur taille. C’est une démarche coûteuse pour une entreprise qui doit être chiffrée comme n’importe quel investissement, et par conséquent démontrer une rentabilité réelle en termes financiers et une vraie création de valeur.

Le devoir de vigilance, une obligation légale

La loi sur le devoir de vigilance a été adoptée le 21 février 2017 par les députés et validée par le Conseil Constitutionnel le 23 mars, qui a toutefois censuré les amendes civiles prévues initialement par les députés.

Le devoir de vigilance est une obligation faite aux entreprises donneuses d’ordre de prévenir les risques sociaux, environnementaux et de gouvernance liés à leurs opérations mais qui peut aussi s'étendre aux activités de leurs filiales et de leurs partenaires commerciaux (sous-traitants et fournisseurs).

Le texte a pour objectif de remettre le respect des droits humains au cœur des préoccupations des multinationales. Elle concerne les grandes entreprises : les sociétés françaises qui emploient au moins 5 000 salariés en France et celles de plus de 10 000 salariés dans l’Hexagone ayant leur siège social ailleurs dans le monde. Celles-ci doivent établir et publier un plan de vigilance pour prévenir les risques en matière d’environnement, de droits humains et de corruption sur leurs propres activités mais aussi sur celles de leurs filiales, sous-traitants et fournisseurs, en France comme à l’étranger.

En cas d’accident, les victimes, associations et syndicats, pourront saisir le juge pour faire respecter cette nouvelle obligation. Le juge pourra enjoindre sous astreinte l'entreprise à publier et mettre en œuvre de manière effective un plan de vigilance.

Source : Novethic

L’Union européenne réfléchit à la neutralité carbone à l’horizon

2050 

Objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de

40%

d’ici 2030

Selon une enquête Nielsen réalisée en 2015 au niveau mondial, 66% des consommateurs sont disposés à payer davantage pour un produit « durable ».

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