06 avril 2018

Mobilité électrique : un marché porteur pour les start-up

La montée en puissance des véhicules électriques ouvre le champ à de nouveaux acteurs de l’innovation, et en particulier aux start-up. La France a une carte à jouer pour relever le défi des nouvelles technologies.

+44% : telle est la progression des immatriculations de véhicules électriques et hybrides rechargeables en Europe en 2017, à près de 150 000 unités, selon les statistiques publiées par l’Association nationale pour le développement de la mobilité électrique (Avere-France). La France n’est pas en reste avec 31 000 unités (+13%) et se classe au 2e rang après la Norvège (34 000, +36%), selon la même source. En Chine, pays qui s’est hissé au leadership mondial de la production et des ventes de véhicules électriques, 468 000 unités ont été vendues l’année dernière (+82%), selon les chiffres de la China Association of Automobile Manufacturers (CAAM) publiés en 2018.

Certes, le niveau des ventes est encore faible (moins de 1% du total en Europe en 2017). Mais le véhicule électrique commence à s’inscrire dans le paysage et les experts tablent sur une montée en puissance pendant les années à venir. En 2030, les véhicules électriques et hybrides devraient représenter 65% des ventes dans le monde, selon une prévision du cabinet de conseil Alix Partners, présentée en 2017.

Des obstacles à lever

Pour que cette dynamique se concrétise, plusieurs conditions devront cependant être réunies. Il faudra disposer de bornes de recharge en nombre suffisant. Par ailleurs, la production d’électricité renouvelable devra augmenter pour faire face à la nouvelle demande générée par les véhicules électriques. Au Royaume-Uni, celle-ci absorberait 5% de l’offre en 2040, selon une estimation de Bloomberg New Energy Finance divulguée en 2017.

Et les réseaux devront être en mesure d’approvisionner les utilisateurs lorsque des pics de consommation se produiront. Il y a un risque réel d’incapacité à fournir lorsque, par exemple, des périodes de grand froid se manifesteront en Europe ou en Amérique du nord. Des investissements importants devront être réalisés dans les réseaux.

L’expérience de la Norvège montre que le développement du marché des véhicules électriques repose sur la mise en place au niveau national de stratégies volontaristes. Des exemptions fiscales significatives (absence de TVA, etc.) et des mesures incitatives concrètes (parkings gratuits en ville, accès libre aux couloirs de bus, etc.) expliquent la position de leader de la Norvège, avec une part de marché des véhicules électriques de 32% (contre 1% en France).

Mariage de la Tech et de l’automobile

Si les dimensions politiques, économiques et financières sont incontournables, la technologie a un rôle crucial à jouer. D’autant que l’industrie automobile connaît d’autres transformations : développement de la voiture autonome, irruption de la connectivité dans le cadre de la transformation numérique (Internet des objets, etc.) et apparition de nouveaux services comme, par exemple, le partage des véhicules.

Les constructeurs traditionnels d’automobiles ont engagé des investissements en recherche-développement (R&D) pour maintenir leurs positions compétitives. Mais ils ne sont pas seuls. Les constructeurs chinois, fortement soutenus par les autorités de leur pays, ont pris les devants et veulent consolider leur leadership mondial. De nouveaux entrants (Google, Dyson, Uber, etc.) et des start-up ont fait leur apparition. Les fournisseurs de nouvelles solutions technologiques et digitales sont des parties prenantes de la mobilité électrique.

Le mariage de la Tech et de l’automobile est engagé : un nouvel écosystème de l’innovation se met en place. Les investisseurs s’intéressent au secteur. Selon une analyse de McKinsey communiquée en 2017 (« Analyzing star-up and investment trends in the mobility ecosystem »), les investissements moyens annuels dans la voiture électrique et le stockage sont passés, au niveau mondial, de 400 millions de dollars pendant la période 2010-2013 à 1,7 milliard en 2014-2017.

La France a une carte à jouer

Les constructeurs tricolores (PSA et Renault) sont bien engagés dans la voiture électrique, et la Zoé, produite par la marque du losange, a été le modèle le plus vendu en Europe l’année dernière. Bpifrance a recensé 135 start-up spécialisées dans la mobilité partagée, les véhicules intelligents, le transport à la demande, le stationnement et les services.

La première édition du Forum Energy for Smart Mobility, organisé par le pôle de compétitivité Capenergies et le média spécialisé GreenUnivers, les 15 et 16 février 2018, à Marseille a montré que les smart grids (les « réseaux intelligents ») joueront un rôle décisif pour éviter la saturation des réseaux lors de l’explosion annoncée des ventes de véhicules électriques à l’horizon 2025/2030. La « recharge intelligente » permettra non seulement de lisser les pointes de consommation mais aussi d’éviter d’avoir à réaliser de lourds investissements afin de répondre aux besoins des véhicules électriques.

Les jeunes pousses peuvent aussi apporter une contribution précieuse dans le stockage de l’électricité sous la forme de batteries fixes installées dans les bornes de recharge, le recyclage des batteries, le développement des véhicules à hydrogène, etc. Dans ce nouvel écosystème de l’automobile, les start-up occupent une place fondamentale pour lever les verrous technologiques.

Questions à Graham Smith, Directeur de l’activité Finance Durable, Banque d’Investissement, HSBC

« Des opportunités aussi bien dans la chaîne de valeur du véhicule électrique que dans les services qui y sont associés »

Quels sont, à vos yeux, les principaux enjeux du développement de la mobilité électrique ?

Le principal enjeu, c’est l’accroissement du nombre de stations de recharge et donc leur financement par les acteurs du marché. La question qui se pose cependant est celle du financement. Constructeurs automobiles, énergéticiens, groupes pétroliers, gouvernements : qui va payer ?

Quand on sait que dans beaucoup de pays, les véhicules électriques représentent moins de 2 % du parc automobile, on comprend la frilosité du secteur privé à réaliser des investissements qui mettront sans doute des années à générer un retour. Si les gouvernements veulent que le véhicule électrique se développe rapidement, ils vont devoir s’engager sur cette question.

Quelles sont les opportunités générées par le développement de la mobilité électriques ?

Celles-ci concernent l’intégralité des activités composant la chaîne de valeur du véhicule électrique : l’extraction énergétique, la production de cellules de batteries, la production de batteries, la production de pièces de véhicules, l’assemblage, les smart grids (les « réseaux intelligents »), la seconde vie et le recyclage des batteries.

A cela s’ajoutent les changements générés par le développement du véhicule électrique : la révolution du MaaS (Mobility as a Service), le véhicule connecté, le paiement en ligne, les services numériques et le traitement des données… Et ceci vaut pour tous les types de véhicules : voitures, vans, bus, camions.

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