12 juin 2018

« Les Etats-Unis continuent à offrir des possibilités d’affaires intéressantes pour les entreprises françaises »

Entretien avec Kristin Malo, Senior Vice-Président HSBC Etats-Unis

 

Les entreprises françaises s’interrogent sur les conséquences du conflit commercial en cours entre les Etats-Unis et l’Union Européenne. Faut-il encore s’intéresser aux Etats-Unis ?

Le président des Etats-Unis, Donald Trump, applique une stratégie économique qui vise à donner la priorité à la production sur le territoire américain et à combattre les importations pour réduire le déficit commercial. La nouvelle administration a retiré les Etats-Unis du Partenariat Trans-pacifique (TPP), conclu avec le Canada et plusieurs pays d’Asie et d’Amérique latine, et a stoppé la négociation du Traité transatlantique avec l’Union européenne. Une renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena) qui rassemble, outre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, a été engagée. Et, le 1er juin dernier, les droits de douane sur les importations d’acier et d’aluminium en provenance de plusieurs pays, dont l’Union européenne, ont été augmentés.

Cependant, les Etats-Unis demeurent un pays ouvert aux investissements étrangers. Certes, le Congrès a adopté des textes en vue d’assurer un meilleur contrôle des investissements étrangers pour des raisons stratégiques et de sécurité nationale. Mais ceci ne concerne pas la grande majorité des entreprises françaises. L’objectif principal de la politique de l’« America First » est de favoriser l’investissement sur le territoire des Etats-Unis : il n’y a aucune discrimination de principe quant à la nationalité des investisseurs. Une entreprise étrangère, qui crée de l’emploi et contribue à accroitre la production nationale, est toujours bienvenue sur le sol américain.

Les Etats-Unis continuent à offrir une série d’incitations importantes aux investisseurs étrangers, notamment en matière fiscale. Ces avantages sont accordés par le gouvernement fédéral mais aussi par les états et les municipalités. Enfin, il convient de rappeler que la conférence « Select USA », promue par le Département du Commerce, continue à se tenir chaque année : la prochaine édition aura lieu du 20 au 22 juin 2018 à Washington.

Qu’en est-il des opportunités d’affaires concrètes ?

Je pense que le marché américain peut offrir de belles opportunités d’affaires pour les entreprises françaises dans de nombreux secteurs : agroalimentaire, infrastructures, énergie, environnement, industrie automobile, aéronautique, santé, etc.

La dynamique de développement des nouvelles technologies et de l’économie collaborative se poursuit. Les Etats-Unis sont et resteront le leader mondial dans ces secteurs. Les entreprises françaises, et en particulier les start-up, ont une carte à jouer dans certaines niches en raison notamment de la qualité des ingénieurs et des chercheurs français. Je pense à plusieurs créneaux : « cloud computing », cybersécurité, mobilité, publicité, technologies propres, biotechnologies, etc.

Concernant les modalités d’investissement français aux Etats-Unis, il y a deux modalités : le rachat d’une société locale ou un investissement « greenfield ». Dans le contexte actuel, y a-t-il une modalité à privilégier ?

Il n’y a pas de réponse unique, cela dépend des secteurs et des valorisations. Dans certains secteurs, comme les équipements automobiles ou les nouvelles technologies par exemple, les sociétés sont chères avec des prix de cession au-dessus de 10 fois l’Ebitda. Ceci peut dissuader des investisseurs potentiels. Il faut cependant bien garder présent à l’esprit que la valorisation d’une société est avant tout l’expression de son potentiel.

Je constate un changement de stratégie des entreprises françaises. Alors qu’elles ont eu tendance traditionnellement à préférer les rachats, elles s’orientent maintenant de plus en plus vers des projets « greenfield ». Ceux-ci peuvent, dans un premier temps, prendre la forme d’investissements légers sous la forme de la création, par exemple, de bureaux ou de filiales commerciales.

Cette distinction entre les deux modalités d’investissement a parfois tendance à s’effacer. Dans les nouvelles technologies, un rachat de société peut s’accompagner d’un important investissement de la part de l’entreprise française et la nouvelle entité peut à son tour contribuer de manière décisive à l’activité en France. Il y a ainsi un « mix » entre rachat et investissement « greenfield ». Les nouvelles technologies font évoluer les modalités de l’investissement étranger.

Qu’en est-il de la localisation ? Par où commencer ?

Dans ce domaine, il n’y a pas non plus de réponse unique. Une entreprise française de l’agroalimentaire peut avoir intérêt à commencer par s’implanter à New York, en raison d’une proximité avec l’Europe en matière de goûts et d’habitudes alimentaires, quitte à élargir ensuite sa présence dans d’autres régions des Etats-Unis.

S’il s’agit de construire une unité de production, nous suggérons aux entreprises françaises de s’intéresser aux états du Sud et du Sud-Est, qui constituent la « Ceinture du Soleil » (« Sun Belt »). Les régulations sont moins contraignantes. Des incitations importantes ont été mises en place et les autorités locales ont une attitude très proactive en faveur de l’implantation d’entreprises étrangères. Les nouveaux investissements des constructeurs d’automobiles sont localisés dans cette zone.

Quelle est votre analyse de la croissance économique aux Etats-Unis ? Faut-il craindre une nouvelle récession ? Quelle est votre vision des risques ?

Pendant les huit dernières années, l’économie des Etats-Unis a enregistré une croissance continue de son PIB. Les dernières prévisions de l’OCDE indiquent une progression de cet indicateur de 2,9% en 2018 et 2,8% en 2019, malgré le début de la remontée des taux d’intérêt. L’économie américaine connaît des cycles depuis la fin de la 2e guerre mondiale et les économistes pensent qu’une récession finira inévitablement par se produire. Mais nous sommes confiants pour les deux prochaines années.

Cette conjoncture, dans un pays ayant un marché domestique important (plus de 300 millions d’habitants) et un pouvoir d’achat élevé, constitue un élément positif. J’ajouterais que la situation financière des entreprises américaines a été assainie et que le risque de crédit est faible. Par ailleurs, les Etats-Unis continuent à être très bien placés dans les classements « Doing Business ». Le marché de l’emploi est flexible et réactif. Le principal risque pour un investisseur français réside, à mon sens, dans une compréhension insuffisante des spécificités du marché américain et du monde des affaires. Un projet d’investissement aux Etats-Unis doit être préparé de façon très méticuleuse.

Pour cette raison, je pense qu’il est indispensable que les équipes qui conduisent les projets des entreprises françaises aux Etats-Unis disposent d’une très large autonomie. Celle-ci est indispensable pour leur permettre d’adapter leur offre de produits ou de services aux exigences des clients locaux. L’autonomie permet aussi de mieux apprécier l’évolution des marchés et de prendre les bonnes décisions au bon moment. Bien évidemment, ces équipes doivent être encadrées par la maison-mère.

Le banquier, partenaire incontournable de l’investisseur

Les entreprises françaises qui investissent aux Etats-Unis ont généralement préféré apporter un financement depuis la France pour des raisons de coût. Kristin Malo constate une évolution. « Même si les taux d’intérêt vont continuer à augmenter aux Etats-Unis, la tendance va dans le sens d’une contribution accrue du financement local en raison d’une fiscalité plus avantageuse » précise-t-elle.

D’où l’importance de la mise en place d’une solution de financement outre-Atlantique. Chaque projet est un cas particulier et le banquier joue un rôle de conseil d’autant plus précieux que le marché financier américain est plus sophistiqué. Comme en France, il peut proposer des outils classiques de financement du besoin en fonds de roulement (BFR) et des dépenses d’investissement. Cet apport peut être combiné avec d’autres sources : les start-up se financent principalement par l’apport des fonds d’investissement via les levées de fonds mais le banquier fournit des outils de financement de trésorerie (découvert, affacturage, etc.).

Une des originalités du système financier américain est le placement privé d’obligations (« United States Private Placement », USPP). L'admission d'un USPP se fait auprès d'un nombre limité d'investisseurs qualifiés sans cotation sur le marché. C’est une solution bien adaptée aux besoins des ETI. Pour les entreprises de grande taille, les émissions d’obligation, voire la sortie en bourse sont des solutions intéressantes.

Enfin, le banquier est une source d’information et de conseil utile en matière d’environnement et de culture des affaires. « Il met aussi à disposition de l’investisseur un réseau de contacts d’autant plus précieux qu’il est validé : c’est un élément de confort non négligeable pour une entreprise débutante sur le marché américain » conclut Kristin Malo.

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