31 mai 2018

Brexit : Anticiper pour limiter l’impact sur l’entreprise

Pour les entreprises qui travaillent avec le Royaume-Uni, l’horizon s’est éclairci au cours de la période récente. En mars 2018, un accord a été scellé entre les deux négociateurs sur le calendrier. Le Royaume-Uni quittera bien l’Union européenne (UE) le 29 mars 2019 à minuit heure du continent, comme prévu, mais une période de transition, jusqu’à fin 2020, a été convenue. Cet accord offre aux entreprises un répit pour s’adapter.

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On ne sait donc toujours pas quelles seront les modalités concrètes de la sortie du Royaume-Uni. Autrement dit, s’il y aura un « Soft Brexit » (un accord similaire à ceux en vigueur actuellement entre l’UE et la Suisse ou la Norvège), un « Hard Brexit » (absence d’accord et application des règles de l’Organisation mondiale du commerce, OMC), ou un « Creative Brexit » (une solution originale dont personne ne connaît la nature).

En effet, le contenu des relations futures reste à négocier. Pour les entreprises, c’est toujours le brouillard concernant plusieurs questions essentielles : les droits de douane, les contrôles aux frontières, le régime des services (notamment financiers), les normes et réglementations (propriété intellectuelle, autorisations de mises sur le marché pour les produits pharmaceutiques, etc.), l’accès aux financements européens (régions, R&D, innovation, etc.), la protection et les échanges de données, la mobilité des personnes, etc. « Les négociations sont d’une complexité sans précédent » comme le rappelle le Medef dans son Guide du Brexit pour les entreprises françaises.

Trois certitudes

Pour les entreprises qui travaillent avec le Royaume-Uni, il y a d’ores et déjà trois certitudes :

  • Le Brexit aura bien lieu. L’accord de mars 2019 vient démentir les rumeurs ou informations sur un possible nouveau referendum ou revirement britannique : il crédibilise le Brexit. Le Royaume-Uni quittera l’Union européenne.
  • Toutes les entreprises françaises et européennes qui font du business avec le Royaume-Uni, seront affectées. Certes, l’impact concret variera selon la nature du business (exportation en direct, existence ou pas de Supply Chain, investissements, etc.) et du secteur d’activité. Mais dans tous les cas de figure, il y aura des conséquences et, dans certains cas, elles pourraient être lourdes si elles ne sont pas anticipées.
  • Certes, la période de transition offre un répit bienvenu mais le temps presse. Il est indispensable d’ores et déjà de se préparer, c’est à dire d’identifier les impacts potentiels et de définir les réponses adéquates. Il convient d’en limiter les conséquences.
  • Chaque entreprise est un cas particulier. Il n’y a pas de schéma unique valable pour toutes les entreprises dans la mesure où il n’y aura pas d’impact uniforme.

Les 5 conseils pratiques de Béatrice Collot, Directeur Global Trade and Receivables Finance (GTRF), HSBC France

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  • Droits de douane : se préparer au pire scénario. La 1e recommandation est d’identifier les flux d’exportation et d’importation avec le Royaume-Uni. Comme il y a une forte chance que les droits de douane seront réinstaurés, mieux vaut identifier quels sont les produits concernés, tant à l’export qu’à l’import, et les codes douaniers correspondants. Il convient de rappeler que c’est une opération délicate en raison de la complexité de la nomenclature : une erreur dans ce domaine peut couter cher à l’entreprise.
  • Et dans un contexte d’incertitude totale, le conseil est de se préparer au pire scénario dans ce domaine, celui du « Hard Brexit ».

    Dans ce cas, les règles de l’OMC s’appliqueraient : les marchandises en provenance du Royaume-Uni seraient taxées en fonction du Tarif douanier commun (TDC) de l’Union européenne, soit de la même manière que celles en provenance des autres pays tiers, qui n’ont pas signé d’accord de libre-échange avec l’UE. Pour les voitures particulières, par exemple, le droit de douane du TDC est de 10%.

  • Supply Chain : établir une cartographie précise des flux. Les Supply Chains entre les deux pays fonctionnement actuellement sans entrave. Souvent, une même marchandise peut traverser plusieurs fois la frontière entre le Royaume-Uni et la France ou d’autres pays européens.
  • Le Brexit change la donne. Outre l’application de droits de douane, il faut s’attendre au rétablissement des postes douaniers, à la mise en place de contrôles, au risque d’engorgement et de queues de camions à la frontière. Dans ces conditions, les délais de livraisons risquent de s’allonger et il faudra penser à modifier les contrats en conséquence.

    Le « Just in Time » s’en trouvera affecté. Il faut aussi songer à la solution de l’entreposage (localisation, coût, etc.). Dans la région de Calais, on constate déjà une tendance à la hausse des loyers logistiques. Dans certains cas extrêmes, une relocalisation d’activités pourrait même s’avérer nécessaire, une démarche qu’il convient de prévoir à l’avance. Dans tous les cas de figure, la certification OEA (Opérateur économique agréé) est un avantage évident : on constate actuellement une augmentation des demandes au Royaume-Uni pour obtenir ce statut.

  • Fournisseurs : prendre en compte leurs propres Supply Chains. Même si une entreprise n’est pas impactée par le Brexit, un ou plusieurs de ses fournisseurs peuvent travailler avec le Royaume-Uni et être touchés par le Brexit. Et ceci peut affecter par ricochet l’entreprise. Il est donc indispensable de savoir si les fournisseurs s’approvisionnent également au Royaume-Uni et d’étendre la cartographie des flux à ceux des fournisseurs.
  • Au Royaume-Uni, beaucoup d’entreprises ont pris les devants. Les grands acteurs de la distribution (Tesco, etc.) ont commencé à envoyer des courriers à leurs fournisseurs leurs demandant comment ils allaient s’adapter au Brexit. Par sécurité, il pourrait être judicieux de diversifier ses fournisseurs et cela plutôt à l’intérieur de l’UE.

  • Besoin en fonds de roulement : solliciter le banquier. C’est une certitude : le Brexit aura un coût financier. L’augmentation des droits de douane représentera un défi pour les entreprises qui travaillent avec des marges étroites, bien moins, par exemple, pour les acteurs du luxe qui pourraient plus aisément répercuter ce surcoût dans les prix de vente. A cela s’ajoutent : les fluctuations prévisibles à la baisse de la livre sterling, des délais de livraison accrus, la nécessité d’entreposer des marchandises, voire de surstocker, et la mise en place de contrôles, voire de nouvelles normes. Une augmentation du besoin en fonds de roulement (BFR) semble inévitable.
  • L’entreprise a donc tout intérêt à s’adresser à son banquier qui pourra lui proposer des solutions d’optimisation en fonction, à chaque fois, de sa situation particulière.

  • Plan Brexit : mobiliser l’entreprise. Il faut impérativement anticiper tous ces effets et mettre en place un Plan Brexit. La prise de conscience et la mobilisation de la direction générale est une première étape. La création d’un comité Brexit, où les différentes fonctions concernées seront représentées (production, logistique, fiscalité, RH, etc.), peut être une bonne solution, de même que la désignation d’un responsable Brexit.
  • « Bien sûr, personne ne sait ce que seront les changements. Mais l’entreprise qui aura identifié au préalable les impacts potentiels du Brexit pourra agir rapidement et prendre une longueur d’avance sur ses concurrents. « Se préparer au Brexit est le moyen le plus sûr de figurer parmi les gagnants » conclut Béatrice Collot.

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